Source: Euractiv.com

Le 16 septembre, la présidente de la Commission européenne a prononcé le très attendu discours sur “l’état de l’Union”.

2020 restera certainement dans l’histoire comme une année difficile pour l’Union européenne et ses États membres. La crise du coronavirus a mis à rude épreuve les sociétés et les économies du continent, exacerbant certaines tensions sociales et augmentant le pourcentage de chômeurs ; cela a rendu les économies européennes plus fragiles et plus exposées. Même en dehors de l’Europe, les situations de tension sont nombreuses : de la Chine à la Biélorussie, de la Turquie à l’Iran.

Il est donc facile de concevoir à quel point le discours  de la présidente de la Commission européenne Ursula Von Der Leyen, était attendu par un nombre considérable de personnes.

Le discours a abordé différents points et différents thèmes, tant en ce qui concerne les politiques internes de l’Union qu’en matière de politique étrangère.

Tout d’abord, au delà de parler des mesures économiques substantielles prises par la Commission pour lutter contre la crise économique (Fonds de relance, Next Generation EU et Plan économique pluriannuel), Ursula Von der Leyen a expliqué comment, à l’avenir, l’Europe devra se doter d’une organisation compétente pour faire face à une crise sanitaire.

À cette fin, la présidente a déclaré qu’elle prévoyait de renforcer l’Agence européenne des médicaments (EMA) et le Centre de contrôle et de prévention des maladies (ECDC).

La création d’une agence européenne de recherche et de développement biomédical apte à mener des recherches efficaces sur les maladies à venir et les vaccins a également été annoncée.

Pour cela, Von der Leyen a annoncé la convocation d’un sommet international de la santé en 2021 en Italie (pays président du G20 pour cette année-là)

Des mesures ont été aussi annoncées pour lutter contre le phénomène de «wage dumping » entre les différents États de l’UE. Ursula Von der Leyen a annoncé qu’elle présenterait une proposition juridique pour aider les États membres à créer un encadrement relatif au salaire minimum.

 «Wage Dumping» est la dévaluation du salaire d’un travailleur qui s’installe à l’étranger, dans un marché qui garantit à l’entreprise un coût de main-d’œuvre bien inférieur à celui du pays d’origine. Ces nouvelles mesures annoncées seront donc importantes pour la protection des droits des travailleurs et du pouvoir d’achat en Europe.

Enfin, des mesures relatives à la transition verte ont été résolument confirmées et déjà énoncées par la Commission dans le «Green Deal», qui a pour objectif, de réduire à zéro les émissions européennes carbones d’ici 2050.

Source: POLITICO Europe

Quant à la politique étrangère de l’Union, Von der Leyen a proposé de réformer l’Organisation mondiale de la santé et du commerce, et d’avoir une relation plus affirmée avec la Chine et la Russie.

Concernant le premier, diverses critiques ont été exprimées concernant le non-respect des droits de l’homme par Pékin, la répression des mouvements de contestation à Hong Kong et des minorités dans l’ouest du pays.

En ce qui concerne la Russie, en revanche, Von der Leyen a critiqué la présumée tentative d’empoisonnement du militant politique Alexei Navalny (hospitalisé en Allemagne), qui, si elle était confirmée, rendrait les relations avec Moscou encore plus difficiles.

La Commission est prête à lancer de nouvelles sanctions économiques contre la Russie, en particulier sur le gazoduc « North Stream » dans la mer Baltique.

Une solidarité a également été exprimée envers la Grèce en raison de la situation politico-militaire difficile avec la Turquie.

Von der Leyen a également évoqué les négociations commerciales bloquées avec le Royaume-Uni et le risque que le gouvernement Johnson viole le «Whitdrawal Agreement».

La volonté a enfin été exprimée d’améliorer les relations avec les États-Unis, devenus moins cordiaux ces dernières années, sous la présidence Trump.

Source: France Inter

Tels sont donc les points fondamentaux de la présidente Von der Leyen.

Son discours a certainement renforcé et réaffirmé de nombreux projets que la Commission entend mener à bien, avec des positions fortes sur les questions européennes et internationales.

Particulièrement intéressantes sont les propositions pour un renforcement de la santé européenne, qui, si elles sont réalisées, promettent d’être une petite révolution pour la santé des Pays membres.

En matière de politique étrangère également, la Commission essaie de porter la volonté commune des pays européens sur les grands enjeux internationaux, avec des positions fermes (sur les droits de l’homme par exemple), mais pas démagogiques.

Bref, les conditions sont réunies pour affronter positivement la difficile année qui vient : la Commission et l’Europe semblent déterminées.

Divers problèmes restent non résolus :  la question de la politique économique de l’UE (un enjeu très important dans la lutte contre les paradis fiscaux au sein de l’Union) au silence général face aux événements violents qui ont affecté le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord. , nos voisins.

En outre, la position de la Communauté sur diverses questions politiques internationales reste encore faible, conduisant plutôt à l’expression des volontés individuelles des états  qu’à l’émergence d’un front commun.

Cependant, les intentions d’améliorer cette Union sont là et la Commission semble disposée à approfondir l’intégration européenne, en faisant les pas nécessaires  pour devenir une véritable entité politique à l’échelle mondiale.

Allez l’Europe!

Source: Artribune

Lorenzo Fornari

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