Source: DW.com

 

À partir du 1er juillet 2020, l’Allemagne a commencé son semestre de présidence européenne. Berlin pourra-t-elle jongler avec les luttes internes de l’Union et la nécessité de l’élargir?

S’il est vrai que pour de nombreux pays mineurs, la présidence de l’Union est un fait purement formel, pour un pays important comme l’Allemagne, ce n’est pas du tout le cas.Berlin espère poursuivre ses projets pour l’Union européenne et, en même temps, guider la sortie de l’Union européenne de la crise COVID-19.Ce sera également le dernier semestre de la présidence européenne pour Angela Merkel, la chancelière allemande qui a été une personne clé de la politique européenne au cours de la dernière décennie.

En accord avec la France, l’Allemagne a fait pression pour l’approbation de diverses initiatives économiques européennes telles que Recovery Found et Green Deal, qui sont fondamentales pour la fragile restructuration de l’Union. À cet égard, le rôle du Conseil européen, qui s’est tenu à Bruxelles du 17 au 21 juillet, était très important. Berlin a dû travailler dur pour trouver le juste équilibre entre les demandes des États du sud (en particulier l’Italie et l’Espagne) et les positions sans compromis des États du nord (comme la Hollande).

Un autre point très cher à Berlin est l’élargissement et le renforcement de l’UE vers les Balkans. Ce projet passe par le renforcement du rôle des pays qui font déjà partie de l’Union et l’intégration des nations qui n’en font pas encore partie (Albanie, Monténégro, Kosovo, Serbie, Bosnie-Herzégovine et Macédoine du Nord).

Pour l’Allemagne, l’élargissement vers l’est du périmètre européen est fondamental et contribue à la création d’une stabilité européenne (et donc allemande) favorable aux ambitions économiques de Berlin.

Cependant, ce projet d’expansion n’est pas facile du tout: la Serbie entretient des liens étroits avec la Russie;  la Chine avec ses investissements, s’est proposée comme partenaire économique stratégique pour de nombreux pays de la région et enfin les États-Unis maintiennent une présence diplomatique ( et militaire) assez importante dans la région, exerçant une grande influence sur des questions locales importantes, telles que le processus de paix et de médiation entre la Serbie et le Kosovo.

 

En fait, le président américain Donald Trump continue de maintenir une attitude ambiguë vis de l’Union européenne, trop influencée par la volonté allemande (et donc pas assez par la volonté américaine) selon les États-Unis. Cette division entre Washington et Berlin pose de nombreux problèmes à l’Union européenne: Trump a approuvé des sanctions contre Berlin et d’autres États européens tout en favorisant la création d’accords bilatéraux avec des pays individuels afin de fragmenter l’Union.

Angela Merkel parviendra-t-elle à garder son équilibre?

Source : lemonde.fr

Lorenzo Fornari

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