La participation aux dernières élections européennes a été la plus basse de l’histoire, ce qui confirme le manque de liens entre les citoyens européens et ce qui se passe à Bruxelles.

Sur la participation de 61,99 % atteinte lors des premières élections tenues en 1979, la tendance à la baisse a été constante dans toutes les élections tenues. Il s’agit du chiffre le plus bas enregistré l’année dernière, avec une participation de seulement 42,54 %.

Les chiffres sont encore plus alarmants chez les jeunes. L’expérience a montré ce qui peut arriver lorsque les jeunes ne votent pas : le Brexit en est un exemple, l’abstention de jeunes électeurs a facilité la victoire inattendue des partisans de la sortie du Royaume-Uni de l’UE. Habituellement, les électeurs qui votent pour la première fois s’abstiennent plus que les électeurs plus âgés, ce qui confie la décision de leur avenir à la génération plus âgée. En 2014, seuls 27 % des jeunes européens âgés de 18 à 25 ans ont voté, ce qui montre la déconnexion de la nouvelle génération avec le projet européen.

L’Union européenne est souvent comprise comme une organisation située au-dessus de la citoyenneté et d’accès difficile. L’un des plus gros problèmes de mon pays, l’Espagne, est que la campagne se déroule davantage au niveau national qu’européen. Cela empêche les gens de se faire une idée de la manière dont ils affectent les décisions prises au Parlement européen, ce qui conduit au désintérêt et donc à une faible participation.

Depuis que je suis bénévole au Foyer Rural CEPAGE à Puget-Théniers, j’ai eu l’occasion de participer aux interventions que le centre d’information Europe Direct organise dans les lycées et qui ont pour but de sensibiliser les jeunes aux questions européennes. J’ai constaté que certains d’entre eux ne savaient même pas qu’ils pouvaient choisir les membres du Parlement européen (PE), et ceux qui l’avaient bien compris ne comprenaient pas très bien l’importance ou les fonctions réelles du PE. À mon avis, ce n’est que par l’éducation que l’on pourra créer une base et un intérêt sains pour la participation politique. De plus, je pense que des campagnes d’information sont indispensables pour éveiller l’intérêt à l’Europe dès le plus jeune âge.

L’Union européenne n’est pas parfaite et les Européens ont de nombreuses raisons d’aller aux urnes ce 26 mai, d’introduire de nouvelles préoccupations dans le débat politique et de l’améliorer.

  1. Les options europhobes se multiplient et peuvent constituer une force importante au Parlement. Bien que ce soit parfaitement légitime, il est toujours inquiétant que les partis qui veulent moins d’Europe deviennent l’une de ses principales forces politiques. Cela rend plus nécessaire que jamais la réponse des citoyens qui croient en l’Europe, car même s’il est normal qu’il existe des divergences sur le modèle européen que tout le monde veut, nous devons préciser clairement si nous voulons ou non de l’Union européenne.
  2. Ces élections sont très importantes face à la lutte contre le changement climatique. Ensemble, nous avons réalisé de nombreuses réalisations telles que l’amélioration de la qualité de l’air, l’interdiction des produits chimiques toxiques et une meilleure gestion des déchets. De nombreux problèmes dépassent les frontières entre les 28 pays et il sera beaucoup plus facile de les aborder ensemble.
  3. Nous allons aborder des questions qui nous intéressent directement, telles que la question des frontières et les flux migratoires. L’Union européenne a un rôle important à jouer dans les questions frontalières, le contrôle de l’immigration et l’aura encore plus à l’avenir. L’objectif de ces politiques peut varier selon que l’on choisit un parti social-démocrate ou un parti plus conservateur ou libéral.
  4. Les libertés que beaucoup de gens tiennent pour acquises — telles que la liberté de la presse, le droit de réunion et le droit de manifester — sont menacées. Le Parlement européen et la Commission peuvent contester certaines des lois qui enfreignent nos droits, comme le Parlement l’a déjà fait en demandant des sanctions aux gouvernements qui ont promulgué des lois limitant ces droits.

Le 26 mai, vous aurez l’occasion d’exiger une société juste et égale qui n’abuse pas de nos droits ni de notre planète.

Belén Amo

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